Festival Open Sky : Au confluent de la créativité et des traditions culturelles

Fabrication d'un porte-clé en cuir (Crédit photo : Nicolas Pouliot)

Fabrication d'un porte-clé en cuir (Crédit photo : Nicolas Pouliot)

Chaque année, Fort Simpson est l’hôte du festival Open Sky, un événement artistique réunissant artisans et artistes qui respirent la créativité et donnent un nouveau souffle aux traditions.

« Nous essayons d’apporter quelque chose de différent au village pour sensibiliser aux arts et les célébrer. Le festival en est à sa 17e année », raconte la coordonnatrice de l’édition 2017, Alison Brown. Depuis le début des années 2000, le festival Open Sky de Fort Simpson rassemble la collectivité et d’autres personnes venues de l’extérieur du village. 
Venue de Yellowknife, Diane Boudreau était sur place pour donner un atelier de peinture, elle qui participe à ce festival depuis les débuts. James Wedzin, artiste de Behchoko, était aussi sur place.

La coordonnatrice du festival explique également que la promotion des arts traditionnels fait partie des objectifs  : « Ashley Okrainec travaille avec des peaux d’orignal et c’est formidable. » La broderie, le perlage et le touffetage sont aussi à l’honneur, afin de faire vivre les traditions.

Outre le festival, la galerie Open Sky, située au cœur de Fort Simpson, permet de rassembler 25 personnes, où se tiennent ateliers et expositions. « On fait une série d’ateliers à l’automne et à l’hiver aussi et on essaie de faire une soirée d’artisanat ouvert à tous, les mardis. On essaie de faire venir différents talents, en peinture, vannerie... on essaie d’apporter des photographes à nouveau, du dessin », ajoute Mme Brown. 

L’Open Sky est, à son avis, un attrait pour le village et vise aussi la rétention des résidents à Fort Simpson. « C’est tellement un petit village et il n’y a pas de choses à faire, surtout l’hiver, relate la coordonnatrice. Il y a beaucoup de personnes qui sont ici en transit alors on essaie d’offrir des choses qui peuvent les motiver à rester plus longtemps », poursuit-elle.

Manier le cuir
Depuis maintenant 10 ans, Akira Currier, manipule le cuir comme d’autres tricoteraient la laine. Habile de ses mains, ce résident de Fort Simpson a toujours apprécié la confection d’objets de toutes sortes. « En arrivant dans le Nord, il m’a été impossible de trimballer mes instruments d’ébénisterie avec moi. La confection de cuir a donc été le passe-temps que j’ai pu apporter avec moi, ici [à Fort Simpson] », raconte-t-il.

Heureux de transmettre sa passion à autrui, il était présent au Festival pour y donner un atelier de fabrication de porte-clés en cuir. Fil, aiguilles, perceur et morceau de cuir en mains, les intéressés avaient l’occasion de fabriquer leur propre porte-clé en quelques heures seulement. Grâce aux judicieux conseils de M. Currier, le simple morceau de cuir anodin devenait ainsi une jolie création artisanale que chacun conservait jalousement.

Ce qu’il apprécie de la confection de cuir ? « La créativité qu’elle rend possible. Je n’aime pas faire la même chose deux fois. J’aime relever les défis, me pousser à innover, essayer de nouveaux projets », explique-t-il.

Donner vie aux couleurs
Pour James Wedzin, peintre, la peinture est littéralement un élément essentiel de sa vie. Depuis qu’il est tout jeune, il peint des scènes qui, espère-t-il, portent en elles la culture de sa communauté autochtone. Animaux sauvages, aurores boréales, abri forestier et boisés peuplent ses multiples toiles.

« Au départ, j’étais davantage centré sur le bleu et le noir parce que je ne savais pas comment manipuler toutes les couleurs […]. D’où je viens, l’hiver s’échelonne sur neuf mois. Alors le bleu et le noir ont été les premières couleurs auxquelles je me suis habitué, les premières couleurs que j’ai pu comprendre », raconte-t-il. De fait, plusieurs toiles tout de bleu et de noir sont disposées près de lui. On peut alors y voir des formes noires, animales ou autres, se détachant d’un fond bleu.

« Au fils du temps, j’ai diversifié mes sujets de peinture et les couleurs. Les gens me demandaient de peindre telle ou telle autre chose, et donc je me suis amélioré de cette façon », raconte le peintre autodidacte.

Avec des propos recueillis par Sandra Inniss.


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