Excuses LGBTQ2+ : « Nous avons eu tort, nous demandons pardon » - Justin Trudeau

Des milliers d’anciens fonctionnaires, policiers et militaires se partageront quelque 145 millions $ d’indemnisations d’Ottawa pour des carrières brisées par l’homophobie des autorités fédérales, dans le cadre d’une entente à l’amiable. Mais qu’en est-il de l’avenir des minorités LGBTQ2?


Le conseiller spécial du premier ministre en la matière, le député Randy Boissonnault, explique la suite, au moment d’entendre les excuses officielles de Justin Trudeau.
Le 28 novembre est un jour que le député d’Edmonton-Centre n’oubliera certes pas. « Le message le plus important pour les gens qui ont vécu la purge est d’entendre le gouvernement reconnaître qu’il a eu tort de ruiner leurs carrières à cause de leur orientation sexuelle. »


Durant la période de questions, Justin Trudeau a énuméré les nombreuses injustices commises par le Canada envers les gays et lesbiennes, répétant plusieurs fois que « nous avons eu tort, nous demandons pardon ». Rappelant que le mandat principal du gouvernement est d’assurer la sécurité de ses citoyens, il a conclu : « Nous avons manqué à notre devoir envers les communautés LGBTQ2 ».


Durant l’ovation debout qui a suivi le discours, Randy Boissonnault a été parmi les élus à s’approcher du premier ministre et le prendre dans leurs bras devant une Chambre larmoyante.
Le député éprouve des sentiments à la fois doux et amers. « J’ai deux ans dans ce mandat, mais aujourd’hui, c’est vraiment le temps de réfléchir sur le passé et aussi d’admettre que la discrimination continue. Qu’on doive faire des excuses indique qu’il y a énormément de souffrance et que des milliers de vies ont été ruinées. Pour moi, c’est un deuil. »


Le premier député ouvertement gay à la Législature albertaine - avant d’être élu au Parlement fédéral en 2015 - tient à honorer les activistes « qui ont subi des années de persécution et qui nous ont amenés à cette journée. Ce qui me motive de continuer, c’est de travailler avec les ministres dans les mois et les années à venir sur toute une série de démarches pour aider les communautés LGBTQ2. »


L’ancien secrétaire parlementaire du ministère du Patrimoine canadien insiste sur l’importance du projet de loi déposé dans la journée en Chambre qui permettra de radier les casiers judiciaires des personnes condamnés injustement. « C’est du jamais vu au Canada. » Randy Boissonnault explique que le gouvernement entend créer un registre pour les familles qui veulent éliminer les records judiciaires de gays et lesbiennes décédés. « Ce sont les activistes qui nous l’ont demandé. »


Dans un récent reportage de Francopresse, un étudiant universitaire précisait la revendication de son association en faveur de politiques plus inclusives pour mettre fin au harcèlement et la création d’espaces neutres et sécuritaires où « les gens se sentent libres d’être qui ils sont ». Un chef syndical avait égalent mis l’accent sur l’urgence d’adopter des ententes collectives qui incluent des mesures pour assurer l’égalité et la sécurité des travailleurs LGBTQ2 au pays.
 


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