Recensement 2016 : « La francophonie est bien vivante » 2e partie

Originaire du Cameroun, Ghislain Tatem, entouré de sa famille, est devenu citoyen canadien le 21 août à Yellowknife, TNO. (Crédit photo : Denis Allem)

Originaire du Cameroun, Ghislain Tatem, entouré de sa famille, est devenu citoyen canadien le 21 août à Yellowknife, TNO. (Crédit photo : Denis Allem)

Suite à un problème informatique, Statistique Canada a corrigé, le 17 août, ses données sur la langue du Recensement 2016 publiées au début du mois. Un spécialiste explique la situation et présente les données pour les TNO.

Sociologue et analyste principal pour les questions linguistiques à Statistique Canada, Jean-François Lepage explique que la correction des données du 17 août a été effectuée suite à un problème lié à un nouveau programme informatique.


Les choix de réponse dans le questionnaire donnaient préséance à la langue dans laquelle le formulaire était complété, mais un système de compilation de données n’en avait pas tenu compte, interprétant tout simplement des réponses « français » pour « anglais ».


Ce système de compilation de données n’était toutefois utilisé que pour les questionnaires incomplets pour lesquels un suivi avec un intervieweur était nécessaire.


Ainsi, la correction a principalement touché l’Est canadien. « Sur les 61 000 cas, on a 57 000 au Québec et donc il y a 4000 cas pour tout le reste du Canada. Parmi ces 4000 cas-là, la grande majorité sont au Nouveau-Brunswick et en Ontario », rapporte Jean-François Lepage. Les changements n’ont pas eu d’impact sur les données des Territoires du Nord-Ouest.

Portrait des TNO
Dans la publication du 11 août, L’Aquilon rapportait que 1235 résidents des TNO désignaient le français comme leur langue maternelle. On aurait plutôt dû lire : « 1235 personnes dont le français est la première langue officielle parlée » (comparativement à 1081 en 2011).


« Au Canada, on a un recensement qui comporte sept questions linguistiques. Si on se compare à l’international, il n’y a aucun pays qui a autant d’informations linguistiques sur sa population. Le désavantage c’est que c’est compliqué. […] On a tellement de façons de définir les populations, on a cessé d’utiliser les mots francophones et anglophones parce qu' on a tellement d’indicateurs », expose le spécialiste de Statistique Canada.


Pour déterminer la prestation de services auprès des Canadiens et des Canadiennes et la désignation bilingue ou unilingue de ses bureaux à travers le pays, le gouvernement fédéral utilise la première langue officielle parlée. Une variable introduite à la fin des années 80 pour tenir compte du fait qu’il y avait de plus en plus de gens qui n’avaient ni l’anglais ni le français comme langue maternelle, selon Jean-François Lepage.


« Si les gens sont capables de soutenir une conversation seulement en anglais, on suppose qu’ils vont demander leurs services en anglais, mais s’ils sont bilingues, on regarde la langue maternelle et on regarde également la langue parlée à la maison », détaille-t-il sur la manière d’évaluer les besoins de services.

Langue maternelle
« [Aux TNO], si on regarde la langue maternelle, on est passé de 1170 à 1360 », poursuit le sociologue-analyste. Cela inclut les personnes dont la langue maternelle est le français; le français et l’anglais; le français et une autre langue; le français, l’anglais et une autre langue.


Il explique que d’inclure ces combinaisons de langues maternelles permet de tenir compte des personnes qui parlent le français à la maison et qui sont en situation d’exogamie.


« Ils sont susceptibles de parler l’anglais le plus souvent pour communiquer avec leur conjoint ou leur conjointe, mais ils peuvent quand même parler le français régulièrement à la maison. Donc on voulait s’assurer de bien refléter l’utilisation du français même si ce n’est pas la langue prédominante », ajoute Jean-François Lepage.

Utilisation du français
Au niveau du français comme langue parlée à la maison, les chiffres sont passés de 1265 à 1640. « En 2016, on a 1640 personnes qui parlent le français : il y en a 320 qui parlent uniquement le français; 310 qui parlent surtout le français mais qui parlent une autre langue secondaire; il y a 160 personnes qui parlent le français à égalité avec une autre langue; et 850 personnes pour qui le français est une langue parlée régulièrement en combinaison avec une autre langue qui est la langue principale ». Le taux de bilinguisme français-anglais est passé de 9,1% à 10,3%, toujours selon le recensement 2016.

Les données du questionnaire long à venir
Les données qui ont été diffusés le 2 août et corrigées le 17 août sont toutes tirées du questionnaire court et sont directement comparable avec les données de 2011. Celles du questionnaire long seront diffusées à partir du 25 octobre en parallèle avec les données ethnoculturelles, l’immigration, le logement et les peuples autochtones. Parmi les questions linguistiques comprises dans le questionnaire détaillé, on retrouvera les connaissances des langues autres que le français et l’anglais, et la question sur la langue de travail.

1-Parole tirée d’une chanson d’Eugène Roach, artiste franco-ténois.


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