Recensement 2016 : « La francophonie est bien vivante »

La présence des francophones est en croissance aux Territoires du Nord-Ouest, selon les résultats du recensement 2016 de Statistique Canada, dévoilés le 2 août. Une étude de la Fédération franco-ténoise viendra bonifier ces données avec un portrait des services offerts en français dans les prochains mois.

Alors que le recensement 2016 indique un recul du français comme langue maternelle et comme langue d’usage à la maison de manière générale au Canada, les données démontrent que les Territoires du Nord-Ouest ont connu une augmentation de 14,4 % de sa population ayant le français comme langue première, comparativement à 2011. Il s’agit d’une augmentation de 155 personnes pour un total de 1235 personnes ayant le français comme langue maternelle aux TNO.

Les données de Statistique Canada démontrent une augmentation similaire de 150 personnes pour chacun des territoires du Yukon (+10,1 % comparativement à 2011) et du Nunavut (+31,6 %).

De plus, le taux de bilinguisme a augmenté de 9,1 % à 10,3 % de 2011 à 2016 aux Territoires du Nord-Ouest. « Cela s’explique entre autres — je pense — par les écoles d’immersion qui commencent à s’élargir et probablement par le fait qu’il y a beaucoup de francophones qui s’expriment et qui montrent qu’ils sont fiers du français », explique le directeur de la Fédération franco-ténoise, Jean de Dieu Tuyishime. Il ajoute toutefois que le bilinguisme aux TNO peut avoir un effet à double tranchant : plusieurs personnes pourraient ne pas voir l’intérêt de demander des services en français.

Données qui représentent la réalité?
Bien que le recensement 2016 ait obtenu un taux de réponse de 98,4 % et que le « formulaire long » ait été rétabli, M. Tuyishime, soulève qu’il est possible que le reflet de la francophonie ne soit pas encore tout à fait représentatif : « Disons qu’on est dans une famille exogame et que la mère parle à ses enfants en français et qu’elle parle souvent à son mari en anglais. Quelle serait la langue la plus parlée à la maison? C’est difficile à calculer, et beaucoup de ces cas surviennent. Les enfants, ils comprennent, ils parlent complètement le français, mais on va dire que la langue la plus utilisée à la maison, c’est l’anglais. » Il pourrait y avoir plus de francophones qu’on ne le pense aux TNO.

Le directeur de la FFT ajoute que malgré la croissance de la francophonie ténoise, il ne faut pas oublier qu’à travers le pays, il y a eu une décroissance du fait français comme langue maternelle.

Selon lui, mettre l’accent sur des politiques de renforcement pour permettre à la francophonie de croitre et accompagner cette croissance de services en français est primordial.

Étude sur les services
La Fédération franco-ténoise mène actuellement une étude pour dresser le portrait des services en français offerts aux Territoires du Nord-Ouest, par le biais du Centre de leadership et d’évaluation; une étude en deux parties qui inclut à la fois le portrait des services en français de façon générale avec un volet portant sur les services en santé.

« On a fait une cueillette de données entre mars et mai, on est en train maintenant de faire l’analyse de ces données. Il y aura aussi des recommandations qui vont en découler et on espère quand même faire une présentation lors de l’AGA dans la partie forum communautaire dans la matinée du 14 octobre. »

« La francophonie est bien vivante » :  tiré d'une chanson d’Eugène Roach.

Mise à jour du 15 août 2017 : Statistique Canada a émis un avis communiquant certaines incohérences dans les résultats du Recensement de 2016 concernant la langue anglaise dans certaines collectivités de la province de Québec, le 11 août 2017. Les Territoires du Nord-Ouest ne seraient pas touchés par cet avis.


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